Site Mame : 30 mois pour engager et réussir une reconversion

A Tours, il a fallu moins de 2 ans et demi à la Set pour mener à bien la reconversion de l’imprimerie Mame, véritable manifeste de l’architecture industrielle du XXe siècle. Retour sur le programme avec Pascal Gomes, directeur adjoint de la Set.

Mame achève sa métamorphose. Boulevard de Preuilly à Tours, un large parvis de 8000 m² ouvre désormais l’ancienne imprimerie - joyaux de l’architecture industrielle des années 50* - sur la ville. Dans quelques mois, les étudiants et enseignants de l’Ecole supérieure des beaux-arts de Tours (ESBAT) prendront possession de leurs nouveaux locaux : 3500 m² superbement restaurés aux premiers niveaux de la « Tour » qui abritait autrefois des bâtiments administratifs. Pour la Set, c’est la conclusion de plusieurs mois d’investissements, de réflexions et de travaux. « Le défi était de définir et de porter un projet de reconversion d’un bâtiment industriel patrimonial en plein cœur de ville »  résume Pascal Gomes, directeur adjoint en charge du projet.

 La mission de l’aménageur débute avec l’achat de ces deux hectares en bord de Loire. La Set accompagne « avec bienveillance » le départ de l’industriel, en cessation d’activité. Il faut alors rapidement dépolluer le site, le sécuriser, démolir les bâtiments non classés… « On a dû aller très vite afin d’éviter qu’il ne se détériore et se transforme en friche urbaine. » Parallèlement, la Set travaille « en concertation étroite » avec le service du développement économique de l’agglomération tourangelle pour imaginer de nouveaux usages. Première orientation : « faire rentrer un morceau de ville » sur le site. Cela se traduira par un programme de constructions neuves. Au total : 14 500 m² de logements, bureaux, commerces, résidences pour étudiants et séniors.

 Dans le même temps, la Set s’attelle à la réhabilitation des bâtiments inscrits au titre des monuments historiques. Elle lance alors un appel à candidature international et retient… deux candidats. « Nous avons fait le choix d’associer deux architectes, très différents, parfois même opposés. » D’un côté, Franklin Azzi, remarqué pour ses réhabilitations industrielles, de l’autre Pierre-Antoine Gatier, Architecte en Chef des Monuments Historiques. Tous deux vont travailler principalement sur la Tour. Le fruit de cette collaboration ? Un projet qui donne une seconde vie au bâtiment dans le respect le plus total de l’œuvre bâtie. « Au-delà du résultat dans les domaines de l’urbanisme et de l’architecture, commente Pascal Gomes, la performance tient à l’articulation des différents éléments du programme et à la manière d’opérer la reconversion dans des délais extrêmement contraints »

 La Set a à présent lancé en lien avec les services du développement économique de l’agglomération et la ville de Tours, la commercialisation de deux superbes plateaux de bureaux de 950 m² situés aux étages supérieurs. Dans le même temps, les études pour la restauration des pavillons de l’attique se poursuivent. Signés de l’architecte et designer Jean Prouvé, ces derniers s’élèvent sur le toit de la Tour telle une vigie sur la ville et sur la Loire.

 Au pied de celle-ci, les 4500 m² d’ateliers avec leurs sheds remarquables, accueillent provisoirement des ateliers de transition professionnelle (ATP) dédiés aux ex-salariés de l’usine Michelin de Joué-lès-Tours. Ces espaces « conçus pour être adaptables et modulables » pourront recevoir - à échéance de la mission des ATP - des start-up et entreprises créatives. Le site Mame est donc « à l’aube d’une nouvelle page de son histoire. » L’ancienne imprimerie va désormais s’imposer comme « un terroir fertile, un outil au service de la création et de l’innovation fruit d’un partenariat d’actions et d’envie avec la ville de Tours et la communauté d’agglomération. »

 *Construit en 1950, l’imprimerie Mame est l’œuvre de l’architecte Bernard Zehrfuss (grand prix de Rome en 1939), de l’architecte et designer Jean Prouvé et du peintre Edgard Pillet.

Réalisations

  • Le site MAME, Tours

    Faire naître un ensemble mixte inédit d’une friche industrielle à valeur patrimoniale