Reconquérir la ville en aménageant ses friches

La transformation d’anciennes emprises industrielles ou militaires constitue un réel potentiel de développement urbain. Mais la construction de véritables morceaux de ville est le fruit d’opérations longues et complexes… aujourd’hui bien maîtrisées par la Set.

« Pour quels usages ? » Selon Pascal Gomes, directeur général de la Set, cette question est au cœur de toute opération de rénovation urbaine. Casernes Beaumont et Chauveau, site Mame, Haut de la rue Nationale et, plus récemment, extension de l’entreprise Faiveley Transport à Saint-Pierre-des-Corps, l’aménageur tourangeau affiche en effet une solide expertise en la matière. En moins de 2 ans et demi, la Set a réussi à transformer l’usine Mame, joyaux de l’architecture industrielle du XXe, en lieu dédié à la créativité et l’innovation. « Nous avons travaillé en concertation étroite avec les services de l’agglomération pour créer un véritable pôle urbain qui va bénéficier à l’ensemble du territoire. » Cet ancien site industriel de deux hectares fermé sur l’extérieur est à présent un lieu qui s’ouvre sur la cité par un beau parvis de 8 000 m². L’ensemble accueille l’Ecole supérieure des beaux-arts de Tours (ESBAT), des bureaux, des commerces, des résidences pour étudiants et séniors, des start-up, des entreprises créatives…

Des emplacements stratégiques

Mêler les usages, c’est également l’ambition qui a conduit l’action de la Set sur les casernes Beaumont et Chauveau aux côtés de la Ville de Tours. Libéré de son destin militaire après le départ de l’Ecole de la logistique et du train, cet espace clos de dix hectares a récemment été acquis pas la Set. Ce site fera l’objet d’une profonde  métamorphose à partir de 2017. Ici, 20% des bâtiments seront conservés. « On ne fait pas table rase de l’existant : c’est un élément capital en termes d’acceptabilité pour les habitants » précise le directeur général. Le projet repose sur la création d’un grand parc central d’un hectare. Il desservira logements, activités tertiaires et artisanales, établissements d’enseignement et de formation, commerces, équipement publics... « Autrefois installés à la périphérie de la ville, ces sites ont été rattrapés par l’urbanisation et deviennent aujourd’hui des emplacements stratégiques. D’autant plus que le risque inondation couplé à la nécessaire préservation des terres agricoles ont remis en cause un grand nombre d’emprises initialement ouvertes à l’urbanisation en périphérie des villes. »

Un levier économique

Une rénovation urbaine peut aussi avoir pour objectif de conforter une activité économique sur le territoire. A Saint-Pierre-des-Corps, la Set accompagne l’entreprise Faiveley Transport. Ce spécialiste des systèmes d'équipement ferroviaire cherchait à rationnaliser sa production et à améliorer le confort et la qualité de travail de ses salariés. « Ici on travaille sur deux sites - U1 et U2 -  distants de 700 mètres. Nos équipes sont séparées, nous avons été obligés de mettre en place un système de navettes », témoigne Cédric Courrian, le directeur de site. L’usine U2 est par ailleurs « vétuste, c’est une véritable passoire thermique » trop coûteuse à réaménager. L’industriel se rapproche alors de la Set : « La construction, ce n’est pas notre métier. » Ensemble, ils identifient un bâtiment vide voisin du site U1.
Après des études préalables menées de concert avec les équipes de Faiveley, des bureaux d'études techniques  et après une consultation d’architectes, la Set - par l’intermédiaire de la Sepale (SEM patrimoniale) - décide de racheter et de rénover l’ensemble. Il sera ensuite loué à Faiveley Transport. Montant de l’opération : 7 millions d’euros. Le Bail en l'état futur d'achèvement (Befa) a été signé en juillet dernier, le permis de construire obtenu fin novembre. Les travaux débuteront début 2017, livraison en fin d’année.

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